L'artiste du mois de Juillet : Camille Devallois

Place à la jeune et talentueuse Camille, une jeune artiste plasticienne/parisienne qui se sert du dessin, de la vidéo et de l’installation pour exorciser ses pensées abstraites ou concrètes. Ses dessins créés avec une légèreté qui se veut enfantine traitent des sujets qui se révèleront lourds de sens pour elle, mais elle laisse la liberté au spectateur d’en faire sa propre interprétation.
Elle aime partager son univers, principalement sur de petits formats aux teintes crème récupérés dans les cartons de ses grands parents, et peuplés de traits fins et d’entrelacs minutieux à petite échelle qu’elle concentre comme pour combler la peur du vide.  

Lorsque j'ai rencontré Camille, j'ai tout d'abord découvert "Les intimes", des formes abstraites remplies d'entrelacs délicats qui se mélangent à des formes aux couleurs douces empruntées à l'enfance. J'ai ensuite découvert une autre facette de son travail, où se mêlent des corps de femmes et une douce poésie. "Et le soir venu, lorsqu’elle plonge dans les bras de Morphée, elle essaie de retrouver tout ces visages qu’elle a connu, tout ces mirages qui peu à peu se dispersent et disparaissent lorsque le temps s’écoule fatalement." On ne quitte jamais très longtemps les entrelacs ou les douces couleurs de la palette de Camille.

Quel est ton parcours ?
Après une formation aux Art appliqués en vue de devenir graphiste j’ai finalement ressenti le besoin fort de m’exprimer plastiquementet notamment grâce à une de mes professeur de l’époque, véritable coup de coeur, Valérie Belmokhtar qui m’a inspiré, poussé, et permis de prendre cette liberté de créer. Je suis entrée en Cycle supérieur d’Illustration et d’Arts Plastiques sur concours à l’école de Condé et me suis par la suite spécialisée en Arts plastiques.

J’ai commencé par le dessin,  le transfert, l’encre et la couture. 
Le dessin qui à pris forme en 3 dimensions par le biais de petites sculptures ou installations, mais aussi en gravure grâce à une initiation avec Vincent Bizien qui m’a également aidé dans l’écriture. 
Puis le corps jusqu’ici outil est entré dans le processus de création comme médium, toujours pour transcrire un état. 
Enfin actuellement je suis revenue au dessin et à la peinture et expérimente l’infographie que je mélange à ma création manuelle notamment pour Samo. 

A quel âge a-tu commencé à dessiner?
Je dessine depuis toute petite, j’ai toujours adoré ça. Mes parents ayant aussi un intérêt pour les arts, ils m’ont amené petite faire des expositions et poussé à la curiosité. En primaire, j’avais créé une affiche pour le club d’escrime de ma ville, c’est un super souvenir de gamin. Mais on peut dire que j’ai vraiment commencé à aiguiser mon regard et mon univers au travers de mes études.

Quelles sont les supports et médiums que tu préfères utiliser?
J’utilise le plus souvent des rotrings fins pour la précision, j’aime aussi les matières volatiles comme le fusain ou la pierre noire qui s’estompent comme le temps estompe les souvenirs, la gouache qui s’étire et glisse sous le pinceau et avec laquelle on obtient un aspect mat et velouté, le fil et l’aiguille qui font appel à la patiente, ou la pointe sèche qui va creuser et gratter le support.

Quelles sont tes inspirations?
Dans le processus de création, on est tous traversés par beaucoup de choses et de détails qui nous entourent. L’environnement dans lequel on évolue, les expositions qui nourrissent notre culture visuelle, les couleurs, les sons, un contraste de lumière, un mot, une forme, une situation, une émotion..
Le regard et la perception s’aiguise et puise dans tout ce qui nous entoure.

Tout cela s’insinue dans la tête, qui fait office de machine à laver et de laquelle ressortent certaines idées et réflexions gribouillées sur des carnets et parfois oubliées.
Et souvent plus tard en retombant dessus, ça va « tilter » et une série, un projet va alors naître de cette idée. C’était le bon moment pour elle

Comment définirais-tu ton travail?
Question difficile, en trois mots je dirais minutieux, introspectif et nécessaire. 

Comment travailles-tu ?
Actuellement, je travaille dans mon salon aménagé en atelier aux allures de vide grenier, au côté de mon chat allergène, portée par la douce voix de Pierre Bellemare et de ses enquêtes impossibles!

 

Ces dernières semaines, Camille a travaillé pour nous sur un grand format, elle qui habituellement travaille sur de petits formats. Ce dessin a d'abord été réalisé à la main puis colorisé informatiquement pour être imprimé sur du textile. 

"Tout deviendra poussière, le corps, la mémoire volatile s’estompera, se dispersera."

L'univers de Camille nous emmène dans un rêve pour petit et grand. "Petite planète" est une oeuvre extraite d'un travail d'édition que vous retrouverez à la rentrée, pour les enfants et pour leurs parents.

Body "Petite maison" Collection 2015

Body "Petite maison" Collection 2015